Manager Général, un métier à part

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29 DécBasket-ball All Star Game LNB 2017

KARAQUILLO Jean Pierre

Co fondateur du CDES
" En sport, Limoges est devenu une marque "

A la tête du Centre de Droit et d’Economie du Sport, qu’il a co-fondé il y a 33 ans à Limoges, Jean Pierre Karaquillo bénéficie d’une reconnais-sance importante dans le milieu du sport professionnel. Paroles d’expert…

INFO.- Le CDES a acquis une vraie légitimité dans le monde du sport ?

Jean Pierre Karaquillo.- La grande satisfaction, c’est que ces formations sont au-jourd’hui totalement intégrées dans le mouvement sportif international. Que ce soit par le comité national olympique, les fédérations nationales et les ligues professionnelles et également aujourd’hui par les fédérations européennes comme l’UEFA. Cette recon-naissance remonte à plusieurs années. Déjà il y a 15 ans, le centre était sollicité pour mener des expertises pour des fédérations en Albanie ou au Kazakhstan. Preuve que la demande existe partout et depuis longtemps…

I.- Vous avez gardé des amis parmi les sportifs de haut niveau qui sont venus apprendre ici ?

J.P.K.- Oui, quasiment tous… Les qualités humaines des candidats sont prioritaires au niveau du recrutement. C’est d’autant plus logique que ces formations sont vraiment individualisées, et que nous passons beaucoup de temps avec eux. C’est une vraie sa-tisfaction de voir des gens de grande notoriété dire qu’ils n’auraient pas pu devenir ma-nager s’ils n’étaient pas passés par Limoges. Ou de voir des sportifs qui se sont épa-nouis dans l’expression orale, alors qu’ils étaient plutôt introvertis. J’ai gardé avec eux des liens très affectifs.…

I.- Vous avez été président du Limoges CSP durant la saison 2000-2001, une année où le CSP était en Pro B. Quel regard portez-vous sur le Limoges CSP d’aujourd’hui ?

J.P.K.- Je suis arrivé au club alors qu’il était en cessation de paiement, avec un défi-cit très important, ce qui l’a conduit au redressement judiciaire. Malgré tout, nous som-mes remontés directement en Pro A, avec un bénéfice d’exploitation important. Un bé-néfice que le président Robert Ravon a ensuite maintenu. Désormais Fred Forté a re-pris le CSP, il a incontestablement amené quelque chose d’intéressant, beaucoup de positifs, même si je pense qu’il a sans doute tort de travailler de manière isolée. Mon souhait le plus cher est que le CSP évolue en Pro A, surtout quand on voit l’attachement des gens et de la ville à ce club.

I.- A travers vos différentes actions et missions à l’étranger, avez-vous l’impression de véhiculer l’image du Limousin et de Limoges ?

J.P.K.- Ce qui est intéressant c’est de voir des gens extérieur au CDES qui connais-sent ses réalisations. J’arrive du Maroc, où j’entendais les gens louer notre notoriété mondiale, et le fait que nous sommes considérés comme des experts par la commis-sion européenne, le parlement européen, par les fédérations, ou le comité international olympique. Lorsqu’on entend des journalistes ou des personnalités dire  » il a fait Limoges « , c’est une grande satisfaction. En sport, Limoges est devenu une marque !…

I.- Vous venez de lancer votre première formation à l’échelon international ?

J.P.K.- Le MESGO propose des formations qui se déroulent à Lausanne, à Londres, à New York, à Bruxelles, à Paris ou à Genève. Il y a le président de la Fédération litua-nienne de Football, la secrétaire générale de la Fédération Maltaise, le secrétaire géné-ral danois de la fédération internationale de Hockey sur Glace… Là aussi, ces forma-tions sont très marquées  » Limoges « . Maintenant, je ne vais pas rester indéfiniment à la tête du CDES et je serai navré si, pour différentes raisons, nous n’arrivions pas à maintenir ce centre à Limoges. C’est un outil fort de promotion de la région…

Propos recueillis par

Franck Jacquet

SOUVRE Yannick

La joueuse française la plus emblématique
" Je suis fière d’être une parmi les vôtres! "

Parmi les leurs!

Grâce à la FIBA Europe, organisation pour laquelle je travaille depuis presque 9 ans, j’ai pu suivre la formation MESGO (The Executive Master in European Sport Governance) et obtenir le diplôme qui va avec. Cette formation est délivrée par un certain nombre de partenaires académiques dont un prestigieux français, le Centre de Droit et d’Économie du Sport de Limoges. Lors de ma prise de décision de suivre cette formation, cet élément pesa très positivement dans la balance. Il faut savoir qu’à la fin de ma carrière sportive professionnelle, je devais intégrer la formation de manager général du CDES mais que finalement  je n’ai pas pu puisque je décidais de partir travailler en Allemagne pour l’organisation européenne du basket-ball.  Je suis ravie de faire partie de ce réseau professionnel que le CDES a créé avec ses différentes formations. Il a développé de nombreuses activités qui en font une véritable référence dans un secteur en continuel déploiement. Grâce également aux Rencontres Toussuire Sports 2012, je sais que ces relations sont précieuses surtout par le côté humain qu’elles véhiculent.  Ce maillage se décline sur un plan très large car chacun est porteur d’expériences utiles à partager. Je suis fière d’être une parmi les vôtres!

COUDERT Gérard

co-directeur du Diplôme Universitaire de Manager général du club sportif professionnel au Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges dont il est également le président.
"Zinedine Zidane est à l'image de Laurent Blanc"

En quoi consiste la formation de manager que suit Zinedine Zidane ?

- Il s’agit pour lui de comprendre les enjeux du football professionnel. Ils sont d’ordres économiques et juridiques. Au-delà de cela, cette formation doit faire prendre conscience de la nécessité pour un manger général de club sportif professionnel de mettre en place des projets à moyen-long terme.

La formation se déroule sur deux années, avec 14 séminaires, des sessions de formation dirigées par des collaborateurs du Centre de droit et d’économie du sport (CDES) ou par des intervenants extérieurs qui ont mis en pratique les mêmes principes que nous défendons.

Pour ce première séminaire, Jean-Marc Guilloux, Pierre Dréossi ou encore Jean-Marc Lhermet viendront apporter leur expérience. Ce dernier doit être, selon moi, un exemple. Le projet qu’il met en œuvre à l’ASM Clermont Auvergne lui survivra.

Quelles sont ses ambitions ? On parle déjà de lui chez les Bleus ?

- On a découvert quelqu’un d’extrêmement sérieux, motivé et intelligent. Il souhaite simplement mieux comprendre les enjeux du secteur dans lequel il aspire prendre des responsabilités. Il est à l’image de Laurent Blanc, qui est également passé par le CDES avant de s’engager avec Bordeaux.

En quoi la reconversion des sportifs de haut niveau est-elle particulière ? On parle souvent de petite mort ?

- Pour les sportifs de haut niveau, il y a une nécessité à anticiper leur reconversion. Nous encourageons tous les sportifs en activité à anticiper le passage de la fin de leur carrière professionnelle au commencement de leur nouvelle vie, qui durera, d’ailleurs, plus longtemps.

On retrouve souvent chez nos « élèves » la volonté de redonner au sport ce qu’il leur a donné. Ce sont des gens qui aiment passionnément leur discipline. On a tendance à l’oublier avec le poids de l’argent dans le sport contemporain.

 Le parcours scolaire tronqué de certains sportifs de haut niveau ne rend-t-il pas leur reconversion plus difficile ?

- Au CDES, on pense que le parcours scolaire alimente la qualité du parcours sportif et réciproquement. La réussite scolaire ou sportive renvoie à deux formes d’intelligence qui se mutualisent.

La formation de manager de club professionnel au CDES existe depuis 1999. Pour quel bilan ?

- Tous ne finissent pas manager. Certains sont devenus responsable de cellule de recrutement, de centre de formation, de pôle marketing…

Quoi qu’il en soit, beaucoup sont en situation d’emploi à la sortie de la formation. De l’ordre de 90 %. Pour 2/3 d’entre eux, ils stabilisent l’emploi qu’ils possédaient avant. Grâce à la formation, il arrive qu’ils prennent du galon. Mais tout dépend de la volonté des présidents… Les dirigeants doivent comprendre qu’un manager est nécessaire pour avoir une vue à long terme d’un projet de club. Le sport professionnel a besoin de s’appuyer sur des spécialistes, anciens sportifs, reconnus par le milieu et qui auront à leur disposition les outils nécessaires à la construction de projet de développement durable.

Interview de Gérard Coudert,

(le jeudi 6 octobre 2011)

Benjamin Harroch – Le Nouvel Observateur