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Le CDES fête ses 40 ans

Cette structure totalement novatrice lors de sa création s’affiche aujourd’hui comme un acteur majeur du mouvement sportif français et international. Si le CDES a évolué de manière exponentielle, il n’a jamais dérogé à ses principes fondateurs que sont l’humilité, l’intégrité, la loyauté et la coopération solidaire.

Une aventure humaine hors du commun. Le destin extraordinaire du centre de droit et d’économie du sport (CDES) de l’université de Limoges s’est construit au cours de quatre décennies pour aujourd’hui se poser en pilier incontournable d’un milieu du sport en perpétuelle évolution.

La genèse de cette grande épopée prend corps en novembre 1977 lorsque deux enseignants de la faculté de droit et de sciences économiques de l’Université de Limoges, Jean-Pierre Karaquillo et François Alaphilippe, qui ont le sport pour passion commune, décident de « lancer » un laboratoire dédié au droit et à l’économie du sport. Une idée totalement novatrice pour l’époque, que ce soit en Europe ou même dans le monde. Mais les débuts de ce centre précurseur sont loin d’être idylliques : « le laboratoire ne disposait d’aucuns moyens financiers et d’aucuns moyens matériels », se rappelle Jean-Pierre Karaquillo. Le CDES avait dû ainsi élire domicile à la bibliothèque universitaire de droit et d’économie pour ses activités (organisation de colloques et confection d’ouvrages).

Cette école de formation et de recherche va connaître une première étape décisive, au début des années 80, que Jean-Pierre Karaquillo relate : « l’essor du CDES a commencé lorsque nous sommes devenus, avec François Alaphilippe, les conseillers juridiques de Nelson Paillou, qui allait devenir président du comité national olympique du sport français (CNOSF) », en étant en cohabitation avec les présidents des fédérations sportives nationales et les dirigeants du comité international olympique.

Avec l’aide active du CNOSF et de l’Insep (institut national du sport, de l’expertise et de la performance), le centre se lance dans la recherche avec des publications reconnues ainsi que dans la formation et l’enseignement en innovant en 1984 avec la création d’un DESS « formation juridique et économique aux professions du sport ». Une première mondiale avec ce double objectif affirmé de professionnaliser le milieu du sport et de générer de l’emploi.

Professionnaliser le milieu du sport et générer de l’emploi

Pour Charles Dudognon, responsable du laboratoire du CDES et professeur à l’université de Limoges, « la création de cette première formation a été une étape forte dans l’évolution et la structuration du CDES. » Ce DESS a été la première phase consacrant la tendance à l’anticipation du centre en tant qu’acteur intégré au mouvement sportif, afin de prendre en compte les mutations futures du sport. Ce qui lui a permis de donner vie à un marché du travail concrétisé par la création de près de 1.000 emplois au profit d’étudiants issus de ce cycle d’études (dont environ 100 emplois en Nouvelle-Aquitaine).

Première salariée embauchée au CDES, en 1984, Sylvie Billonnet, assistante formations et publications, a vu le centre évoluer à grande vitesse : « j’étais, grâce à l’apport du CNOSF, la seule salariée au début, et, au fur et à mesure du temps, le CDES s’est structuré comme une véritable entreprise », avec la recherche et l’obtention de fonds publics et privés.

À la fin des années 90, c’est le diplôme de « manager général d’un club sportif professionnel » qui est instauré pour permettre à des ex-sportifs de haut niveau (voir par ailleurs) de se doter d’outils indispensables dans la réussite de leur reconversion. Ce diplôme a contribué à renforcer le rayonnement du CDES qui acquiert une dimension internationale à partir des années 2000. Grâce à la pugnacité de Didier Primault, deux formations internationales sont mises en œuvre, le MESGO et le MIP UEFA (lire ci-dessous), avec le concours de plusieurs fédérations sportives internationales.

Si la réussite du CDES tient à la compétence de l’ensemble de ses collaborateurs et à son esprit visionnaire perpétuel, le centre repose sur une identité et des préceptes fondateurs qui font sa force et son originalité. La philosophie de mutualisation et d’entraide qui constitue l’ADN de la structure depuis sa formation est ancrée dans le parcours de Jean-Pierre Karaquillo, enfant du quartier limougeaud des Coutures, profondément empreint de civisme et de citoyenneté.

Pour le cofondateur, « la particularité du CDES tient à son organisation développée constamment dans un esprit coopératif de loyauté, d’humilité, d’intégrité et de solidarité où l’intérêt général doit toujours prévaloir sur les intérêts individuels notamment d’argent et sur les postures de pouvoir. » Des valeurs qui ont guidé le centre dans le recrutement de ses collaborateurs et dans le choix des étudiants postulant aux différentes formations, « où le savoir être est une donnée vitale et où le parcours de formation s’ancre dans un parcours de vie donnant ainsi l’occasion de s’épanouir dans un cadre professionnel valorisant », selon Jean-Christophe Breillat, président du CDES et avocat au cabinet CDES-Conseil créé en 2010.

Pour Corinne Bastide, assistante formations et communication, entrée en CDES en 1988, « l’association a toujours gardé cette mentalité “tribu” qui fait sa force. » Même son de cloche du côté d’Évelyne Marecchia, chargée de l’accueil et de la logistique, au CDES depuis 23 ans, qui voit celui-ci comme « une deuxième famille ». Et de souligner, l’une et l’autre, au sujet de Jean-Pierre Karaquillo que « tout ce qu’il entreprend, il le réussit en s’en donnant les moyens et en sachant bien s’entourer ».

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