Manager Général, un métier à part

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Laurent Blanc Profil de manager

Pour les Girondins, le chemin des huitièmes de finale de la Ligue des champions passe par un exploit à Rome.

PARTIRA, partira pas ?

L’avenir de Laurent Blanc en Gironde s’écrit avec un point d’interrogation. Alors que le contrat du Cévenol expire le 30 juin 2009, certaines rumeurs l’envoient déjà du côté de Manchester United la saison prochaine. Il aurait été désigné par Alex Ferguson, comme son possible futur assistant jusqu’à 2010, date à laquelle l’entraîneur historique des Red Devils pourrait prendre sa retraite…

Le président Jean-Louis Triaud ne l’entend pas ainsi. Il espère bien convaincre son entraîneur de poursuivre l’aventure en Gironde en lui proposant une prolongation de deux ans : « Nous voulons le garder, c’est clair. On s’est fixé une date à la fin de l’année pour discuter. C’est important, car les joueurs ont aussi envie de savoir qui sera leur entraîneur l’année prochaine », confie le président girondin guère surpris par la reconversion réussie du champion du monde à la tête du club depuis juin 2007 : « J’ai eu l’impression au bout de quelques semaines qu’il faisait ça depuis des années. Il était fait pour entraîner. Les joueurs apprécient la constance du discours de leur coach. Il n’y a rien de pire qu’un technicien au discours fluctuant. »

Posé dans ses interventions médiatiques

À 43 ans, l’auteur du but en or contre le Paraguay est devenu une figure emblématique du coaching « made in France ». Debout contre son banc, mâchouillant sa touillette à café, comme d’autres leur sucette, il a imposé son style. Tout en intériorité quand d’autres bouillonnent à l’extérieur. Personnage discret, peu enclin aux déclarations fracassantes. Posé dans ses interventions médiatiques, il ne pratique toutefois pas, contrairement à beaucoup de ses collègues, la langue de bois. Dégager une image sereine à l’extérieur est une chose. En dégager une à l’intérieur de son groupe en est une autre. Après avoir raccroché les crampons en 2003 à 38 ans, il a débuté des études au Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges. Il a ensuite obtenu en mai 2006 son diplôme d’entraîneur professionnel de football (DEPF), sésame exigé pour entraîner dans l’élite. À Limoges, il a parfait son apprentissage de la gestion de groupe. « A u départ, il ne souhaitait pas être coach mais manager. Il possède des qualités évidentes de meneur d’hommes. Le management des hommes, c’est plus important et plus difficile à maîtriser que l’aspect tactique. Dans son approche du métier, il me fait beaucoup penser à Arsène Wenger », pose Jean-Pierre Karaquillo, cofondateur et directeur du CDES qui est resté très proche de l’« élève Blanc ». « Il a eu le courage de se prononcer sur le cas Johan Micoud (il n’a pas reconduit son contrat en fin de saison dernière). Il lui a dit les choses en face. Il ne s’est pas caché derrière son petit doigt. D’autres auraient biaisé, pas lui », poursuit Jean-Louis Triaud.

À Bordeaux, Blanc fonctionne en binôme avec Jean-Louis Gasset : « Ils s’apprécient, car ils sont complémentaires. Ils n’ont pas la même fonction vis-à-vis des joueurs. Blanc a plus de recul vis-à-vis de la gestion des matchs. Il intervient moins dans les séances d’entraînement. Gasset fait travailler les gammes, Blanc est plus le chef d’orchestre », résume Triaud. Un maestro qui ne passera peut-être pas sa vie à mâchouiller sa touillette sur le banc. « Il n’est pas fait pour être coachpendant dix ans, prédit Karaquillo. Il connaît les aléas de cette profession. Je ne suis pas sûr qu’il s’accrochera aux branches. Il a envie d’exercer au plus haut niveau. S’il va un jour à Manchester, il peut y rester des années.  » Le « Président » a connu tous les grands championnats étrangers au cours d’une carrière étalée sur vingt ans (97 sélections internationales) qui l’a mené de Montpellier à Manchester United (2001-2003). Un club mythique qui pourrait constituer l’apothéose de sa carrière de technicien.