Manager Général, un métier à part

Prochain événement

Dominique Rocheteau

De grands noms du sport sont réunis du 14 au 17 décembre pour le 1er Trophée des reconvertis à la Toussuire. Reconnus dans leur sport quand ils faisaient carrière, ils le sont maintenant en tant que manager, entraîneur ou consultant. Vingt d’entre eux suivent la formation de Manager général de club sportif professionnel, de l’université de Limoges. Parmi eux, Dominique Rocheteau, ancien international de football et aujourd’hui consultant pour Radio France, et président du comité d’éthique de la Fédération française de football.

Quelle a été votre recette pour réussir votre reconversion ?

«Je n’ai pas de recette. Je crois que j’ai eu de la chance. Vous savez, c’est très difficile quand on s’arrête. On est complètement déconnecté des réalités et pourtant, il faut commencer une deuxième vie.»

Comment avez-vous trouvé votre voie ?

«En réalité, j’ai mis pas mal de temps à la trouver mais une chose était sûre : je voulais une certaine indépendance et une liberté que je n’avais pas eu en tant que joueur (entraînements la semaine, matchs le week-end). C’est pour ça que je ne voulais pas forcément travailler
dans un club.»


D’ailleurs, vous avez touché un peu à tout : agent de joueur, acteur…

«Je me cherchais. Agent, j’ai très vite compris que ça n’était pas fait pour moi. À l’époque, c’était vraiment la jungle et je ne me sentais pas à l’aise. Je me suis planté mais ça sert toujours.
Je suis assez fier d’avoir joué dans un film de Maurice Pialat (« Le garçu ») même si j’avais beaucoup hésité. Je n’aime pas me mettre en avant. La notoriété, la caméra, ce n’est pas mon truc.»

Consultant pour Radio France, président du comité d’éthique de la FFF… vous avez plusieurs casquettes ?

«Ça me permet de rester dans le milieu. Je suis également consultant pour Sport Five, une agence de marketing et communication. Et depuis peu, le ministère des Sports m’a demandé de travailler sur le respect dans les stades. Je me suis aussi tourné vers les enfants en créant des stages à Royan. Le but n’est pas d’en faire des pros mais qu’ils s’amusent.

C’est très intéressant de tenter de nouvelles choses, de découvrir de nouveaux domaines. La formation de manager que j’effectue permet d’échanger avec des sportifs d’autres milieux. Je fonctionne beaucoup aux rencontres. C’est comme ça que j’ai créé une académie au Viêtnam.»

C’est devenu à la mode d’être consultant après une carrière sportive de haut niveau ?

«Beaucoup occupent des postes dans les clubs. Tous ne finissent pas consultants. Ça n’est pas donné à tout le monde, les places sont chères. Dans les années 70, beaucoup choisissaient de travailler pour des marques de sport. Maintenant, ça ne se pratique presque plus.»


Des projets ?

«Rien de planifié. Cela fait huit ans que j’écris des chroniques sportives. Je couvre encore la coupe du monde en Afrique du Sud et après on verra. J’ai quatre enfants, j’ai envie de m’en occuper. Mais l’idée de créer un deuxième club parisien me trotte toujours dans la tête…»

Source le Dauphiné décembre 2008