Manager Général, un métier à part

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Brigitte Henriques, la féminisation en action

Brigitte Henriques, la féminisation en action Aujourd’hui, elle brille loin des terrains. Mais n’allez pas croire qu’elle est née dans une tour d’ivoire sans jamais avoir mis les crampons dans la boue. Formée à Poissy, triple championne de France à Juvisy avant de finir sa carrière à Soyaux, Brigitte Henriques compte aussi 40 capes en équipe nationale… A une époque où l’on jouait beaucoup moins souvent qu’aujourd’hui, 40 est un grand nombre.

Prof d’EPS agrégée depuis 1993, titulaire du DEF (diplôme d’entraîneur), elle fut membre de la commission technique du Val-d’Oise en charge des sélections départementales des U-13 et U-16 et des centres de perfectionnement départementaux. Membre de la commission féminine de la Ligue de Paris et de la commission Football en milieu scolaire et universitaire de la FFF, elle est ensuite devenue adjointe de Gérard Prêcheur à Clairefontaine auprès de la génération dorée qui a fait décoller le foot féminin depuis 2009.

Manager général du PSG en 2009, elle participe aux premières avancées sportives du club. Son projet est de faire de l’équipe parisienne l’une des meilleures d’Europe. Le projet plait à Colony Capital. L’actionnaire du PSG de l’époque octroie une subvention de 250 000 euros à la section féminine. Sportivement, le succès est au rendez-vous avec une victoire en Coupe de France 2010 et la 2e place du championnat, à 2 pts de l’OL, qualifiant les Parisiennes pour leur première Ligue des champions. « Surtout, en une année, une école féminine de petites est née et nous sommes passées de 4 à 7 équipes », souligne Brigitte Henriques.

Forte de ses multiples réussites, tous secteurs confondus, elle devient ensuite secrétaire générale de la FFF. Un poste prestigieux, qu’aucune femme avant elle n’avait occupé. Sa mission principale : féminiser le football français. Ainsi, un plan est dévoilé par l’instance en février 2012. Elle multiplie les actions et dynamise celles qui sont en place.

« Le football des Princesses » pour attirer des licenciées venues des écoles et des collèges. L’action s’étend d’ailleurs aux lycées cette année. « Mesdames, franchissez la barrière » pour découvrir et former de nouvelles dirigeantes, éducatrices, bénévoles, tout comme le « Club des Internationales », qui vise les anciennes joueuses de l’équipe de France.

Il y a aussi la semaine du football féminin depuis trois ans, marquée par des journées portes ouvertes dédiées aux jeunes filles dans tous les clubs de France et par la promotion nationale du football féminin. En mars 2013, « Metronews » a publié chaque jour de la semaine un portrait d’une personnalité du football féminin, faisant bénéficier la discipline de l’exposition des 700 000 exemplaires diffusés quotidiennement par le journal gratuit.

Alors que le plan doit arriver à terme dans un peu plus d’un an, il se terminera en décembre 2016 à l’issue de notre mandat, les résultats sont positifs. Les derniers chiffres délivrés par la FFF montrent qu’il n’y a jamais eu autant de footballeuses en France, avec 65 628 pratiquantes en juin 2013. Soit une hausse de 8 % par rapport au mois de janvier, et de 15% depuis 2011. Surtout, le nombre de femmes dans l’encadrement est également en hausse avec + 12,5% d’éducatrices (866) et + 8,6% de dirigeantes depuis 2011.

Et quelque chose nous dit que ce n’est pas fini… Tout récemment, Brigitte Henriques a validé son diplôme du Centre de Droit et d’Economie du Sport de Limoges (CDES). Elle était la seule femme d’une promotion de 17 participants, dont Zinedine Zidane, Eric Carrière et Olivier Dacourt. « Quelle chance de jouer au foot une fois par mois avec eux lors de nos séminaires », se souvient Brigitte Henriques. « On a pu se rendre compte que c’était exactement la même passion qui nous animait tous. »

En parallèle, Brigitte Henriques ne lâche pas le ballon en jouant en 5 contre 5 une fois par semaine. Mais si elle ralentit un jour ses activités, elle pourra le faire le cœur léger. 30 années après elle, sa dernière fille vient de prendre sa première licence de football pour entretenir le feu que maman s’est tant battue pour faire vivre.